Les contributions de herosdunet

Des fouilles sécuritaires inacceptables : la place des jeunes dans la société ?

Tandis que la politique gouvernementale toujours de plus en plus sécuritaire met fin aux libertés individuelles des individus, celle-ci tend à s’immiscer au sein de l’éducation. La violence scolaire est certes un fait, mais réduire hypocritement les effectifs en personnels d’éducation afin de mettre en place des portiques de sécurité est assez dérisoire.

Face aux déclarations du Président de la République lors du jeudi 28 mai dernier concernant la « sanctuarisation » ainsi que « fouille des cartables » au sein des établissements scolaires, l’UNL 77 ne peut que s’indigner face à ces provocations qui dénient l’estime des élèves. Des fouilles sécuritaires accentuées par la mise en place de portiques de sécurité à détecteurs de métaux. Il est indéniable de rappeler le rôle fondamental d’un établissement scolaire qui n’est pas de surveiller et encore moins de ficher une société. La sécurité des élèves ainsi que des personnels d’éducation est certes primordiale cependant celle-ci ne passe que par une meilleure entente sur le long-terme et par des relations plus fructueuses entre les élèves. La mise en place d’outils de répression ne peut que creuser les clivages et accélérer les tensions initialement présentes. En effet, un élève ne se sent pas en sécurité parce qu’il n’y a pas de métaux dangereux au sein de l’établissement mais parce que les tensions y ont été atténuées. D’autre part, le respect de la vie privée a-t-il réellement lieu dans une société que nous qualifions de démocratique ?

Sera-t-il nécessaire de noter que de nombreux moyens sécuritaires sont été déployés aux Etats-Unis sans succès ? Le rapport 2007 de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Île-de-France (IAURIF) dresse en outre le constat que parmi 58 % des lycées franciliens sont à la fois pourvus de systèmes de vidéosurveillance mais n’en présentent plus guère l’utilité. Ces systèmes à la fois peu efficaces et parfois contre-productifs ne peuvent empêcher les intrusions ni les vols. Un constat qui s’explique par l’effectif lacunaire en personnels éducatifs.

L’UNL 77 salue par conséquent avec ironie la volonté de diminuer l’effectif en personnels d’éducation à contre-courants de la mise en place d’artilleries technologiques qui peuvent très rapidement devenir lassantes pour le personnel éducatif. L’école se doit-elle de devenir un aéroport ? Les nuisances sonores ne risquent-elles pas d’en lasser plus d’un ? Si toute cette mascarade anti-pédagogique se poursuit, l’UNL 77 redoute la transformation éventuelle des professeurs, en pions d’échiquier à qui il est nécessaire de fournir des surveillants formés spécifiquement en vigiles et autres gardiennages privés.

Manques et pénuries de logements : l’UNL 77 et la Ligue des Droits de l’Homme au cœur du débat

Alors que la crise menace de plein régime la cohésion de la société, les jeunes en ligne de mire subissent les plus larges marginalités d’une société en progrès croissant. Ainsi un sondage CSA mené en novembre 2006 pour l’UNL montre que plus d’un lycéen sur deux travaille au noir, d’autant que 13 % le font pour vivre … Autant de constats explicables de part leur marginalisation au sein du monde du travail enchaînée par un gouvernement sourd de ses revendications : le Contrat de Premier Embauche (CPE) en est un fait concret montrant la volonté de sacrifier la valeur d’une jeunesse en plein essor, au profit d’employeurs dès lors satisfaits des attraits précaires que mettent en avant ce contrat d’embauche … Cependant, outre le marché du travail, les jeunes ont par ailleurs du mal à s’insérer dans la société de manière à ce que leurs possibilités financières puissent leur permettre à se loger convenablement. Alors que l’augmentation du montant des bourses de l’enseignement supérieur ne suit pas du tout l’inflation que connaissent les prix des biens et services (aucune augmentation en 2003 et seulement 1,5 % pour l’année 2006 seulement), les jeunes sont de plus en plus confrontés à la question du logement social.

Des logements tant attendus mais dont l’arrivée et la mise en place par les collectivités territoriales tarde et pénalise de plus en plus de jeunes en difficulté. Annoncée dès son arrivée il y a deux ans comme étant un pas magistral vers la défense des mal-logés, le DALO permet alors de revaloriser le droit au logement en accordant la possibilité aux ménages d’effectuer un recours en justice dans le cas où cette dernière n’était pas logée dans les six mois qui suivent sa demande de logement social auprès des collectivités territoriales. La loi Boutin quant à elle menace ces dispositions, n’encourageant pas la construction de logements en tentant par exemple de régionaliser les demandes, ce qui reviendrait à « désinciter » les ménages à effectuer leurs demandes dans le cas où elles n’obtiendraient qu’une proposition dans un autre département éloigné, et n’ayant ainsi pas le droit de refuser légitimement, ce qui aurait a contrario découlé à l’annulation de la demande de logement social. Christine Boutin accentue ses dispositions en prenant appui sur les expulsions, ce que l’UNL se bat contre dans la mesure où l’éducation est valeur républicaine ouverte par et pour tous. Un déficit de 800 000 logements sociaux, pour des demandes insatisfaites de près de 1,3 million de ménages, qui n’est à l’heure que très lentement résorbé (60 000 logements sociaux construits par an seulement).

Les étudiants en pâtissent très lourdement, si bien que les logements étudiants que sont aujourd’hui dans l’Académie de Paris qu’ouverts aux étudiants de L3 (3ème année de licence). Outre les aides sociales, les étudiants sont souvent confrontés selon leurs dispositions financières à des offres de logement beaucoup trop onéreuses et se trouvent même dans d’autres cas dans l’impossibilité d’en payer les frais … Le groupe de travail mené le 28 février 2009 par la Ligue des Droits de l’Homme avec la participation de l’UNL77 réclame auprès des services publics une meilleure prise en compte de la jeunesse, qui non content de devoir payer les frais d’une crise dont ils ne sont pas à l’origine, doivent d’autant plus subir une telle marginalisation sociale alors que la jeunesse sera dès demain le levier des sociétés humaines.

Rapport en ligne du groupe de travail :
http://www.ldh-france.org/Les-dernieres-evolutions-du-Droit
http://www.ldh-france.org/IMG/pdf/C-R_-Groupe_Logement_LDH_28022009.pdf

Après le gymnase, le lycée …

Aujourd’hui, 19 décembre 2007 est inauguré le gymnase du lycée Etienne Bézout à Nemours (77140).
La mise en service de ces installations est un grand progrès pour l’enseignement de l’EPS au lycée.
Mais dans l’établissement d’autres problèmes, qui relèvent tout autant du Conseil Régional, s’aggravent d’année en année :

* L’insuffisance des locaux (nombre de salles de classe, de “permanences” pour les élèves, laboratoires, salles informatiques, réfectoire, salles de travail pour les professeurs), de plus en plus criante, rend acrobatique le déroulement des enseignements dans toutes les filières, et problématiques les conditions de la vie scolaire en général.
Quelques exemples :
* Salle de permanence transformée en salle de cours
* Salles de classe, Foyer, CDI souvent “surpeuplés”
* Elèves sans lieu d’accueil lorsque le CDI, le Foyer et la permanence sont complets ou fermés
* Enseignements optionnels donnés après 17h, faute de salle disponible dans la journée
* Travaux Pratiques transformés en Travaux Dirigés (cours théorique), faute de place aux labos
* Recours prolongé à des bâtiments préfabriqués

* L’insuffisance des personnels administratifs et d’entretien (congés non remplacés, y compris congés de maternité ; emplois précaires, pas toujours reconduits d’une année sur l’autre) entraine une surcharge de travail pour les personnels en fonction.
Quelques exemples :
* Le lundi, nettoyage de 22 salles de classe, un couloir, des escaliers, 5 bureaux, à la charge d’une seule employée
* Tous les midis, vaisselle et nettoyage après 800 repas à la charge de 3 agents
* Entretien du gymnase ajouté sans poste supplémentaire …

Ces problèmes se surajoutent à ceux relevant de l’Education Nationale, qui pèsent déjà sur le fonctionnement du lycée (personnels d’éducation en nombre insuffisant, recours à des emplois précaires, non-remplacement des congés maladie ou maternité, etc …).

Le dévouement des personnels ne pourra éternellement pallier à l’inertie des autorités de tutelle.

Pour continuer à assumer correctement ses missions, le lycée a besoin de la prise en compte urgente de cette situation alarmante !

Nous demandons à recevoir une réponse de la part du Conseil Régional des Jeunes le plus tôt possible et demandons en outre à être reçus par 1ère Vice-Présidente du Conseil Régional d’Île-de-France, en charge de l’Éducation